Investissements

Loyers encadrés : jusqu’à 1 700 euros par an d’économie estimés à Paris

Que Choisir Ensemble a passé une cinquantaine de villes au crible et appuie ses calculs sur deux taux de baisse, 5 % et 8%, tirés d’une étude de l’Apur.

Stéphane Brossard Par Stéphane Brossard
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Loyers encadrés : jusqu’à 1 700 euros par an d’économie estimés à Paris
Immeuble de pierre à balcons en fer forgé et commerces en rez-de-chaussée, à un carrefour animé de piétons, en noir et blanc.

En bref

  • Près de 1 700 euros par an à Paris, autour de 500 euros dans les autres zones tendues étudiées.
  • Les montants reposent sur des hypothèses de baisse de loyer, pas sur des baux relevés.
  • Une extension à toutes les zones tendues est chiffrée ville par ville.
  • L’expérimentation doit s’achever le 25 novembre 2026 sans adoption du projet de loi Echaniz.

Plafonner un loyer, combien cela rapporte-t-il concrètement à celui qui le paie ? Pour l’association Que Choisir Ensemble, la réponse se compte en centaines d’euros par an, et même davantage dans la capitale. Son étude, relayée le 8 octobre 2026 par Capital, tombe alors que le dispositif expérimental approche de son terme et que l’association en fait un argument pour le maintenir.

Un plafond légal, des hypothèses de baisse empruntées à l’Apur

Le mécanisme découle de la loi ELAN. Il borne le montant qu’un propriétaire peut réclamer à son locataire. Déployé depuis 2019, il couvre aujourd’hui près de 70 villes et agglomérations classées en zone tendue, c’est-à-dire là où la demande de logements excède l’offre.

Pour mesurer l’effet de ce plafond sur le budget des ménages, l’association a examiné une cinquantaine de villes et agglomérations. Elle n’a pas relevé elle-même les baux : elle a repris les estimations de baisse des loyers attribuées à l’encadrement par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), dans une étude parue en 2025. Deux hypothèses structurent ensuite ses calculs. Hors Ile-de-France, elle table sur un recul potentiel de l’ordre de 5 %. À Paris et dans le reste de la région, elle retient 8 %. L’écart entre ces deux taux explique en grande partie la hiérarchie des résultats.

Paris loin devant, un socle autour de 500 euros ailleurs

1 700 €gain annuel potentiel approché à Paris
500 €économie annuelle autour de laquelle tournent les autres zones tendues étudiées

À Paris, le gain potentiel atteint près de 1 700 euros par an, soit plus de trois fois le montant des autres territoires. Lyon, Bordeaux et Montpellier se situent juste au-dessus du socle commun, avec environ 530 euros par an chacune. Les autres zones tendues étudiées tournent autour de 500 euros annuels.

Façade d’immeuble en briques rouges et beiges avec fenêtres, arbres nus et bacs métalliques plantés le long d’une rue mouillée.
Photo d’illustration. Un immeuble d’habitation en briques colorées donne sur une rue bordée d’arbres et de bacs plantés, par temps humide. Photo : Brett Sayles / Pexels

Ce qu’une généralisation changerait, ville par ville

L’association ne s’arrête pas aux territoires déjà couverts. Elle estime qu’appliquer le plafond à l’ensemble des zones tendues réduirait davantage la facture des locataires, et chiffre ce scénario pour plusieurs agglomérations :

  • Strasbourg : près de 640 € par an ;
  • Nice : plus de 600 € par an ;
  • Annecy : environ 580 € par an ;
  • Toulouse : environ 530 € par an ;
  • agglomération Aix-Marseille : environ 530 € par an.

En cas d’extension, Strasbourg, Nice et Annecy dépasseraient ainsi les montants calculés pour Lyon, Bordeaux ou Montpellier. Pour un investisseur locatif qui suit ces marchés, ces simulations donnent l’ordre de grandeur de l’écart que l’association attribue au plafonnement, à partir de ses seules hypothèses de baisse.

Des estimations, et une échéance fixée au 25 novembre

Le calendrier pèse sur l’ensemble de ces chiffres. L’expérimentation doit prendre fin le 25 novembre 2026 si le Sénat n’adopte pas le projet de loi Echaniz. Sur le sujet, un autre éclairage est disponible dans l’article consacré à la position de la Cour des comptes sur l’encadrement.

Que Choisir Ensemble demande pour sa part que l’encadrement soit pérennisé et étendu. L’association le présente comme un outil de protection du pouvoir d’achat des locataires.

Photo : Kirandeep Singh Walia / Pexels