Tarn-et-Garonne, les ventes de maisons reculent de 12 %
Taux qui remontent, prix qui résistent, acheteurs étrangers fidèles : le délégué des notaires du département détaille un marché retourné et ses conseils.
Grande maison en pierre aux volets clos dans le Tarn-et-Garonne, département où les ventes de maisons ont reculé d’environ 12 % sur un an.
Les ventes de maisons ont reculé d’environ 12 % en Tarn-et-Garonne sur un an, selon Me Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires, interrogé par La Dépêche le 11 octobre 2026.
En bref
Me Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires, mesure un repli d’environ 12 % des ventes de maisons sur un an.
La période observée court du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.
Le taux moyen évoqué atteint 3,65 % sur 15 ans.
Les résidences secondaires, achetées notamment par des Américains, tiennent relativement bien.
Un marché qui a pris la direction inverse des prévisions
Chargé de l’immobilier pour la chambre départementale, le notaire dresse un bilan peu flatteur. Le volume de transactions a nettement fondu, alors que la profession tablait plutôt sur une année calme, avec un marché à peu près stable, voire une petite reprise. Ce scénario ne s’est pas produit : selon lui, la tendance s’est retournée.
-12 %ventes de maisons, d’après le délégué des notaires
12 moisdu 1er juillet 2025 au 30 juin 2026
Le chiffre porte sur les seules maisons et couvre un exercice glissant de douze mois, à cheval sur deux années civiles. Pour le notaire, l’ampleur du repli ne laisse pas de place à l’euphémisme.
« Nous vivons une grande baisse du volume de transactions immobilières, avec environ -12 % de ventes de maisons entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, ce qui est énorme. »
Une maison avec pigeonnier accolé dans un hameau du Tarn-et-Garonne, bien de caractère sur un marché où les ventes de maisons ralentissent. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Thérèse Gaigé. Licence : CC BY-SA 4.0.
Julien Lacombe, délégué de la Chambre des notaires chargé de l’immobilier dans le Tarn-et-Garonne
Des taux en hausse, des prix qui ne cèdent pas encore
Premier facteur avancé, le coût du crédit. Les taux ont amorcé une remontée cette année et, dans l’analyse de Julien Lacombe, ce mouvement va se poursuivre. Il y voit un mécanisme direct : chaque hausse rogne le pouvoir d’achat des acquéreurs, qui empruntent moins pour une même mensualité. Ce lien entre taux et budget finançable rejoint la question du coût réel d’un crédit, qui ne se limite pas au seul taux affiché.
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Paradoxe relevé par le délégué lui-même, les prix n’ont pourtant pas reculé, ce qu’il qualifie de surprenant. Son explication tient à une double crise : celle de l’immobilier, qui freine les transactions, et celle du logement, où l’on construit peu et où se loger reste difficile. Cette pénurie soutiendrait, selon lui, le marché de l’ancien. Il estime toutefois probable qu’un ajustement finisse par passer par une baisse des prix, ce qui demeure une prévision.
Le calendrier politique ajoute une couche. Julien Lacombe rappelle que « les années électorales ne sont généralement pas de bonnes années pour le marché immobilier ». Dans le département, ce contexte se cumule, d’après lui, avec une crise de fond et des taux orientés à la hausse.
Les conseils du notaire selon les profils
Face à ce marché, le délégué formule des recommandations distinctes pour chaque type d’intervenant :
Acheteurs avec un projet : il juge les conditions encore favorables, citant un taux moyen de 3,65 % sur 15 ans, et les invite à conclure vite tout en verrouillant leur financement auprès de leur banque.
Vendeurs : consentir un geste sur le prix peut aider à trouver preneur. Sa formule : « Mieux vaut une petite baisse aujourd’hui qu’une grande baisse l’année prochaine. »
Résidences secondaires : ce segment de niche reste relativement solide dans le département, porté par une clientèle étrangère, en particulier américaine.
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